Archives mensuelles : février 2011

Remaniement et politique étrangère : des changements cosmétiques !

L’intervention du Président de la république sur le remaniement ministériel et la politique étrangère n’est vraiment pas à la hauteur des événements.

L’affaire était entendue ! Michèle Alliot Marie était devenue un boulet ! Après les propositions d’aide de la police française au régime de Ben Ali, après son voyage dans le jet privé d’un oligarque tunisien et les bonnes affaires familiales dans ce pays, Madame la ministre incarnait le discrédit de la politique étrangère française. Son départ n’est donc pas une surprise. Mais son remplacement par Alain Juppé ne suffira à nous convaincre que la politique étrangère de la France va vraiment changer.

Nicolas Sarkozy reconnait enfin, mais bien tard, le caractère positif des révolutions arabes et l’espoir qu’elles portent.
Il justifie les relations avec les dictateurs parce qu’ils étaient des remparts contre l’islamisme, sans voir que ces régimes corrompus ont eux-mêmes nourri l’extrémisme.
Mais il oublie surtout que ce ne sont pas les relations d’état à état qui posent problème mais les véritables compromissions avec ces régimes qu’ont révélées les voyages de Michèle Alliot Marie ou de François Fillon.
Il n’y a eu dans l’intervention du chef de l’état aucune auto-critique sur les erreurs commises. Lui qui a déroulé le tapis rouge au délirant Colonel Khadafi pour lui vendre une centrale nucléaire, au mépris de toute règle de sécurité !
Depuis l’élection de Nicolas sarkozy, la politique étrangère de la France n’est plus portée par aucune valeur. Seuls comptent les contrats signés et les milliards pour les entreprises françaises.
Le jeu de chaise musicale du gouvernement ne change rien, une fois de plus.

En réalité l’intervention du chef de l’état était motivée surtout par des considérations politiciennes intérieures. Ainsi il n’a pas hésité à agiter un «risque migratoire» après les événement des pays arabes en se plaçant une nouvelle fois sur le terrain du Front national.

Jean-Louis Roumégas
Porte parole d’Europe Ecologie Les Verts

Europe Ecologie – Les Verts


Chroniques du 25 fevrier


Ma petite planète chérie est une série de courts-métrages ludo-éducatifs réalisés Folimage, studio drômois spécialisé dans la création de films image par image (L’enfant au grelot, 1998, La prophétie des grenouilles, 2003, Une vie de chat, 2010). Le studio s’est associé au CRDP de Lyon pour la conception d’un site internet dédié à l’exploitation pédagogique du film : vous y trouverez des extraits vidéo, ainsi que des ressources destinées aux enseignants et des activités pour les enfants. 

http://mapetiteplanetecherie.crdp-lyon.fr/filmgenerique.php

Neuf histoires originales voient se succéder « Le voyage d’une goutte d’eau » (le cycle de l’eau), « Les mal-aimés » (ces animaux détestés par les hommes), « La racine magique » (la biodiversité ou la protection des milieux), « La coccinelle et le puceron » (un équilibre biologique fragile), « Des montagnes d’emballages » (que deviennent nos emballages ?), « Un hérisson amoureux » (la vie dans une haie campagnarde), « Vingt millimètres sous terre » (les décomposeurs au service du recyclage), « Tintamarre et bouche cousue » (les nuisances dues au bruit), « De l’air, de l’air ! » (la pollution de l’air dans les villes)… L’ensemble est très complet – tous les aspects de la pollution sont envisagés – et réellement attractif pour les jeunes enfants (dès 3 ans). Un régal pour petits et grands et voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche : http://www.youtube.com/watch?v=yDkOUvwmhpE

C’est bon par où ça passe : Jacques Rémy Girerd travaille actuellement à un projet de série télévisée (2012) sur l’alimentation et la santé. En voici le préambule :
« L’alimentation, et singulièrement celle des enfants, constitue l’un des grands facteurs de santé et d’équilibre pour chacun. Les habitudes alimentaires, les bonnes comme les mauvaises, se prennent au cours de l’enfance et de l’adolescence. Valoriser la diversité des goûts et des aliments, c’est aider l’enfant à élargir ses possibles, c’est aussi soutenir les familles dans leur action éducative. (…) De toute évidence, la télé a un rôle important à jouer dans ce domaine, et, en interaction avec elle, les incontournables supports de diffusions que nous offrent l’internet, les jeux en ligne, la téléphonie mobile, mais aussi l’édition papier. »
http://folimage.over-blog.com/article-c-est-bon-par-ou-a-passe-sante-et-alimentation-au-coeur-de-ce-projet-de-jacques-remy-51085747.html

Le site de la cité des sciences (avec l’exposition « Bon appétit : l’alimentation dans tous les sens ») constitue une bonne entrée en la matière : http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/expositions/bon-appetit/expo.php

Pour que nos enfants ne restent pas sur leur faim de citoyenneté…


ciné-débat “Water makes money” animé par les Amis de la Terre Marne

2Oh30 salle Thierry Meng de Bétheny

film “Water makes money”

animé par les Amis de la Terre Marne

Désormais retenez ce rendez vous régulier, tous les derniers mercredis du
mois, les amis de la Terre Marne et la mairie de Betheny vous convient à
une séance de Ciné- Débat gratuite autour d’ enjeux écologiques.

à 20h 30 et Salle Thierry Meng à Betheny

Water makes money ou Comment les multinationales transforment l’eau en
argent.

Le film « Water Makes Money » veut informer sur cette évolution actuelle
qui a conduit 80% de nos concitoyens à être dé-servi en eau par l’une des
2 multinationales française de l’eau. Il veut montrer les leçons que Paris
et d´autres communes françaises ont tiré de la domination de Veolia & Co
et comment elles réussissent à reprendre l´eau en régie publique. Des
exemples européens et américains complètent le film qui deviendra ainsi un
cas d´école pour le monde entier. « Water Makes Money » donnera du
courage: l´eau aux mains des citoyens/citoyennes c´est possible !!

A noter que Véolia a entamé une procédure en diffamation à l’égard de ce
film. Raison de plus pour ne pas le manquer.

« Water Makes Money »
Une co-production de KERNFILM avec Achille du Genestoux et La Mare aux
canards de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
en coopération avec Christiane Hansen, Jean Luc Touly, Marc Laimé, Markus
Henn et aquattac.
Longueur: 82 min.

http://www.watermakesmoney.com/fr/le-film/themes-du-film-.html

On compte sur vous.

AT MARNE
Contact
03 26 04 03 78


Fin à la complaisance de la Françafrique – droits démocratiques aux Gabonais !

Communiqué de presse du 21 février 2011

Le Président de la République a reconnu, lors de la révolution tunisienne, avoir « sous-estimé la désespérance d’un peuple ». Europe Ecologie Les Verts (EELV) l’invite à ne pas renouveler cette erreur  quand il rencontrera ce lundi 21 février 2011 le président gabonais Ali Bongo Ondimba à l’Elysée pour un entretien portant notamment sur les "relations bilatérales" entre les deux pays.   

    Depuis plus d’un demi-siècle de vie indépendante, sous l’action conjuguée de l’ancien président Omar Bongo (1967-2009) et de gouvernements français successifs en lien avec les groupes Elf (puis Total) et Cogema (puis Areva), le Gabon est en effet devenu une caricature du détournement de la rente pétrolière et de l’uranium au profit d’un clan au pouvoir et du financement trouble de la vie politique française. Ces relations bilatérales opaques, y compris dans leurs circuits de financement, datent d’un autre siècle : celui d’une économie fondée sur l’importation à vil prix des ressources énergétiques d’un pays autrefois dominé. Il est plus que temps de modifier ces relations en profondeur, au profit par exemple d’une coopération dans tous les domaines écologiquement utiles : énergies renouvelables, préservation de la forêt équatoriale, etc.

    Mais un tel changement n’est possible qu’avec une véritable ouverture démocratique et écologique dans les deux pays : mise en débat démocratique des grands choix énergétiques en France, clarification du rôle de l’Etat au Gabon. Dans ce pays en effet, la répression violente semble s’installer depuis l’élection peu convaincante d’Ali Bongo Ondimba, fils du président défunt, lors du scrutin d’août 2009. En septembre 2009 dans la ville très pétrolière de Port-Gentil, l’armée a d’abord tiré à balles réelles sur les manifestants qui contestaient le résultat de cette élection, causant plusieurs dizaines de morts avant d’assiéger la ville pendant des mois. Et depuis le 25 janvier dernier, date de la prestation de serment par le candidat André Mba Obame (Union nationale) qui prétend avoir remporté l’élection de 2009, le cycle de violences s’emballe : traque des membres de l’Union nationale, coups et blessures ayant entraîné la mort dans au moins un cas, arrestations arbitraires, répression des manifestations d’étudiants à Libreville, destitution de professeurs et autres fonctionnaires soupçonnés d’être sympathisants du président autoproclamé…

    Plutôt que de se raidir, le gouvernement gabonais pourrait entamer des négociations avec l’opposition et avec une société civile de plus en plus consciente des innombrables détournements de fonds publics opérés par le clan Bongo et mis en lumière, depuis mars 2007, par la procédure « Biens mal acquis » devant le Parquet de Paris. Devant cette situation, les citoyens et citoyennes gabonais s’organisent : le « Mémorandum de la société civile gabonaise sur la situation politique » publié le 17 février dernier par une quinzaine d’ONG gabonaises de tous horizons, peut servir de base à ces négociations. Tel est en tout cas le préalable que le président Sarkozy devrait poser à des discussions sur les « relations bilatérales » avec son homologue gabonais.

 Europe Ecologie  Les Verts demande au président français de mettre un terme à ces pratiques de prédation économique et écologique, et d’en finir avec sa complaisance vis-à-vis du régime gabonais qui se refuse à la démocratisation.

 Europe Ecologie  Les Verts


Café-débat à Reims sur la grande distribution au café Stalingrad

Lundi 7 Mars : Café-débat à Reims sur la grande distribution au café Stalingrad

place Stalingrad de 19 h 00 à 21 h 00. Avec le CCFD, le MCC, le CMR et l’ACI.


La maison des Babayagas : une vraie bonne idée pour la Marne


La Maison des Babayagas est née d’une idée longuement mûrie par Thérèse Clerc.

Un projet que j’aimerais mettre en route sur le département si je suis élu.

Ayant accompagné ses vieux parents au terme de leur vie, alors qu’elle travaillait encore et que ses propres enfants la sollicitaient, elle avait pu mesurer combien le quotidien deviendrait source de complications, de tensions, d’angoisse même lorsque, l’âge avançant, sa vie très bien assumée de femme seule risquait de basculer dans la solitude, et de peser sur ses proches.

Thérèse avait, un certain jour de 1999, pris sa plume, lancé son appel et dessiné les grandes lignes de la vie dans la future Maison des Babayagas.

Puis le temps avait passé, d’autres urgences l’avaient sollicitée.

Mais son appel a été entendu par Monique Bragard et Suzanne Gouëffic, qui l’ont rejointe un jour de l’hiver 2001.

Petit à petit, au fil des ans, une quinzaine de femmes les ont suivies, convaincues que ce projet répondait à leurs pressantes interrogations, à leurs propres aspirations.

Car, comme le proclame l’association « Vieillir c’est Vivre », “ Vivre plus longtemps peut être une chance, à condition de se sentir acteur de ses choix de vie et citoyen dans la société.”

Ou comme Thérèse l’affirme sans cesse :  “ Vivre vieux, c’est bien ; mais vieillir bien, c’est mieux ! ”

Alors j’ai décidé d’appeler cette fameuse Therèse Clerc ce vendredi 18 février 2011.  Directe et percutante, elle me tutoie dès les premiers mots, heureuse d’entendre un jeune se présenter aux élections cantonales , et encore plus quelqu’un qui n’est pas un politique de carrière.

Elle me raconte son histoire , et me balance : « Au lieu de se payer une maison de retraite, si on faisait une maison citoyenne, solidaire et écologique, une maison autogerée, pas une maison médicalisée, pas de personnel, pas de directeur. » Elle insiste : « Nous on touche moins de 800 euros par mois, pas de quoi se payer ce genre de maison ».

Toujours est-il que la Maison des Babayagas va devenir une réalité, et je vous donne en exclusivité la date d’ouverture qui sera  le 15 juin 2011.

Elle m’explique, que ce sont les OPHLM de Montreuil qui construisent, et que les 20 femmes qui occuperont les lieux paieront un loyer selon leurs revenus. Au rez de chaussée, une université d’éducation populaire sera mise en route sous l’égide de l’association Université du Savoir des Vieux,  « pour permettre aux vieux de partout de garder une conscience politique », elle ajoute : « un quart du pays a plus de 60 ans, nous voulons réanimer tous ces vieux, impulser des politiques nouvelles ».

« Notre maison aura 4 appartements avec des jeunes de moins de 30 ans, condition sine qua non pour un soutien du conseil général, qui a été le plus frileux dans l’investissement de ce projet, à tort me dit-elle car elle pense que ça aurait du être le premier financeur. »

Mutualisation des besoins, ces 20 femmes ont entre 62 et 91 ans, c’est la démonstration également d’un projet économique, sociale, solidaire et écologique . D’ailleurs Therese me dit que des Babayagas vont ouvrir à St Priest , Pailaisau, Bagneux, Marseille , St Etienne et même en Allemagne.

Therèse est pleine de ressources, et m’aidera à monter ce projet si je suis élu, m’affirme t’elle. Et en fin de conversation me dit amicalement qu’elle se mettrai bien au slam… Affaire à suivre !

Sébastien Gavignet

Charte de Vie de la Maison des Babayagas

AUTOGESTION : nous gérerons notre habitat nous-mêmes, n’acceptant d’aide extérieure

que le moins possible et pour pallier nos forces déclinantes.

SOLIDARITÉ : nous organiserons une mutualisation de nos moyens. Nous nous aiderons

à bien vieillir ensemble et à aborder la mort dans la sérénité.

CITOYENNETÉ : nous l’exprimerons par ouverture sur la cité et échanges réciproques,

articulant Vie Politique, Vie Sociale et Vie Culturelle, dans une perspective de

démocratie participative.

ÉCOLOGIE : dans notre fonctionnement, nous veillerons à une gestion rigoureuse de

l’eau, des énergies, des déchets. Nous impulserons une consommation favorisant

économie solidaire et développement durable.

Extrait d’un article d’Axel Ardes :

« Huit ans après la canicule de 2003, il est de rigueur de penser aux « vieux » comme à des victimes de solitude, condamnées à la dépendance. Mais un groupe de femmes de Montreuil refuse d’endosser cette image et lutte pour réaliser un projet de maison communautaire de vieillesse, qu’elles ont appelé la maison des Babayagas.

D’après la légende russe, les Babayagas étaient des sorcières qui mangeaient les enfants après leur avoir lu une histoire.

« La maison des Babayagas, dit Monique Bragard en replaçant ses petites lunettes bleues sur son nez, c’est un projet politique qui cherche à permettre à des personnes âgées de gérer elles-mêmes, de façon solidaire, la maison dans laquelle elles vivraient ensemble. C’est aussi un projet citoyen et écologique. Une sorte d’HLM pour personnes âgées, où chacune aura son appartement mais avec une pièce commune au rez-de-chaussée. »

Le problème, c’est que ce projet, bien que soutenu par la mairie de Montreuil, suscite de fortes réticences, par exemple de la part du conseil général. « La façon dont on considère les vieux doit vraiment être améliorée, poursuit Monique Bragard. T’aimerais qu’on t’appelle papi, toi ? Moi, le premier qui m’appelle mamie, je le fous dehors ! »

J’ose quand même faire remarquer que le projet de maison Babayagas ne vaut que pour les femmes. Je leur demande donc si elles n’aiment pas les hommes, tout en regardant ma salade d’un air sérieux. « Ça, tu comprends, ça vient du fait qu’on est une bande de copines, affirme Monique, qui a très bien saisi le sens de la question mais qui réfère éluder. On a décidé de vivre ensemble. Tout d’abord parce qu’il y a des vrais problèmes qui touchent les femmes et notamment les femmes âgées. On a souvent beaucoup travaillé et avec nos carrières professionnelles, coupées par l’éducation de nos enfants, on touche de plus petites retraites. »

Monique cite son exemple : avec ses trois enfants et son poste de cadre, elle ne travaillait qu’à 4/5e temps plein. Elle touche aujourd’hui une retraite de 1500 euros par mois, ce qui lui permet de vivre correctement mais bien en dessous de ce à quoi elle aurait pu avoir droit. « C’est pour ça qu’on a imaginé ce projet de cette façon-là, intervient Chichi. Pour qu’il fonctionne, les gens qui le développent doivent s’entendre et avoir une vision commune. Par contre, glisse-t-elle en me passant le fromage avec un petit sourire et une flamme dans l’œil, on n’empêchera pas un amant ou une maîtresse de venir occasionnellement. On est féministe, mais on aime bien les hommes. » Le repas se finit dans les rires. Les Babayagas sont loin de ressembler aux sorcières de la légende. »

Axel Ardes –

La Saga des Babas …

Un certain jour de 1997, Thérèse, qui avait accompagné ses vieux parents en fin de vie, mesurant la richesse d’un tel vécu, mais aussi la lourdeur imposée aux proches qui doivent y faire face, et redoutant de l’imposer plus tard à ses propres enfants, a tout à coup cette idée toute simple : « ce que je sais faire, ce que je peux faire, moi seule, si nous étions une dizaine, ou plus, nous pourrions le faire ensemble, nous entraider, et apporter une solution exigeante mais combien prometteuse, à ce difficile moment de la vie. » Et en deux / trois pages, le projet de Maison des Babayagas était né. Puis le temps a passé, d’autres urgences avaient fait reléguer ce texte au fond d’un tiroir. Mais l’idée était là, taraudante.

D’autant qu’elle était réactivée de tous côtés :

Le montant des retraites qui stagne, mais les coûts de maison de retraite qui progressent ; le maintien à domicile : 1 dame, 2 dames, deux ou trois heures par semaine, et puis tous les jours, et puis plusieurs fois par jour : petit à petit une noria, de plus en plus mal cernée par une vieille femme, un vieil homme, en perte de repères ; les enfants – quand il y en a – qui paniquent, parfois s’énervent, épuisés et culpabilisés d’autant ; et, martelée au fil des émissions, des articles : la déferlante prochaine de la perte d’autonomie, la terrible Alzheimer qui nous guette.

Que faire pour les vieux ?

Que faire nous autres vieilles et vieux pour vivre notre vie jusqu’au bout comme nous le voulons ?

C’est la réponse à cette question qui nous a amenées à entreprendre …la Longue Marche des Babayagas …

Pour que la vieillesse
ne soit pas
une dérisoire parodie
de notre existence antérieure,
il n’y a qu’une solution,
c’est de continuer
à poursuivre des fins
qui donnent un sens à notre vie.

Simone de Beauvoir

La vieillesse

1970


Chronique du 18 février

Recyclons nos objets ! 11 histoires insolites d’objets réutilisés

(Ebokéa/Laurent Lolmède, Albin Michel Jeunesse)

Imprimé sur du papier recyclé, ce documentaire vise à nous faire découvrir d’un œil neuf ces objets usagés « qui nous encombrent, dénaturent et polluent » : de la bouteille ou du sac en plastique au réfrigérateur en passant par les capsules et autres casseroles, chaque objet peut acquérir une deuxième vie, pour peu que l’on fasse preuve d’une dose d’imagination… C’est donc sur un chemin inventif que nous entraînent les auteurs de cet ouvrage en habillant de fiction des observations documentées pour toucher les plus jeunes : des exemples de recyclage artisanal dans le monde sont cités et les jeunes lecteurs apprendront ainsi qu’une boîte de conserve peut finir sa vie – ou la « refaire » – travestie en sanza dans les pays d’Afrique…

Comment l’insolite peut surgir du quotidien, le neuf de l’ancien : telle est l’histoire de chacun de ces objets présenté comme un personnage au nom plus ou moins évocateur : le recours aux onomatopées (« Bop la bouteille ») permet de les rendre plus familiers et vivants dans l’esprit du lecteur et constitue un premier inducteur de créativité. La démarche ludique est sollicitée à travers ce qui s’apparente des devinettes : « On me trouve sur toutes les routes, les pistes, et même les sentiers. Je suis composé d’une armature de fils d’acier. Je suis… »

Enfin, les trois encarts qui suivent font appel aux sens critique, civique et pratique des jeunes consommateurs en vue d’une initiation aux premiers gestes de recyclage.

En complément, le film Wall-e nous semble une bonne entrée en matière dans l’art du recyclage :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18752463&cfilm=123734.html

La poubelle et le recyclage à petits pas (G.Bertolini & C.Delalande, ill. N.Hubesch, Actes Sud Junior)

Pour les plus grands (dès 10-11 ans), la collection « à petits pas » se propose de « sensibiliser les enfants au monde qui les entoure et de les aider à réfléchir. » Réfléchir aux mots d’abord : il nous est rappelé que si le mot poubelle est tiré du nom de son inventeur – ancien préfet de Paris – le mot déchet vient du verbe déchoir, désignant à l’origine « ce qui est tombé, perdu ». Réfléchir à des concepts ensuite, comme ceux  de développement durable et d’empreinte écologique. Réfléchir et mettre en œuvre des gestes enfin, en partant de constats simples – « Tes déchets sont… tes achats ! » – et de pratiques plus ou moins ancestrales comme le compostage. Un quizz vise à récapituler les connaissances introduites, les illustrations apportant une touche d’humour. « Montre-moi tes poubelles » (et je te dirai qui tu es !) titrent les auteurs spécialistes en rudologie (science du déchet), avant de citer Victor Hugo, dans les Misérables : « Le tas d’ordures a cela pour lui qu’il n’est pas menteur. (…) Ce pêle-mêle est une confession. Là, plus de fausse apparence. »

On pense alors à l’artiste Arman, signataire du manifeste des nouveaux réalistes et récemment exposé à Beaubourg, qui n’a eu de cesse de détourner des objets récupérés, plus ou moins décomposés, et d’ériger des déchets au rang d’œuvre d’art en les figeant dans de la résine…

Ses portraits robots sont éloquents et consultables sur le site :

http://www.arman-studio.com/catalogues/catalogue_portrait-robot/arman_portrait_list.html


%d blogueurs aiment cette page :