Archives mensuelles : mars 2011

Retour sur la flash mob rémoise et communiqué de nos eurodéputés EELV

Une minute de silence en solidarité avec le peuple japonais et pour dire NON au nucléaire au Japon comme partout ailleurs.

Samedi 12 mars 15h, heure japonaise, une explosion s’est produite dans la centrale nucléaire de Daïchi. Les autorités japonaises distribuent en ce moment des pastilles d’iode aux habitants : le versement de l’eau de mer destinée à refroidir le réacteur est un échec.

Dimanche, 13 mars 13h, l’exploitant procède à des rejets radioactifs dans l’air pour faire baisser la pression d’un second réacteur qui menace également d’entrer en fusion.

Mardi 15 mars, 13h, heure française,nous nous sommes retrouvés pour une flash mob en solidarité avec le peuple japonais et pour dire NON au nucléaire au Japon comme partout ailleurs.

A Reims ce fut Fontaine de la solidarité, place d’Erlon, nous étions une quarantaines… en images…

Le nucléaire, on arrête quand ?

Sortir de la folie nucléaire

« Une fois de plus, une fois de trop, le nucléaire a frappé.

C’est avec le cœur et les poings serrés que nous assistons au drame supplémentaire auquel les Japonais sont confrontés après avoir subi les dévastations d’un tremblement de terre et d’un tsunami. Fukushima apporte la démonstration de l’incompatibilité absolue entre la technologie nucléaire et la sécurité du genre humain…

Nous ne savons pas à l’heure actuelle si l’incontrôlable enchainement de la fusion des réacteurs peut encore s’interrompre. Nous ne savons pas si la logique terrifiante s’arrêtera au bord du gouffre ou si une contamination catastrophique va balayer l’archipel et le Pacifique. L’inconnu est insoutenable.

Notre solidarité et notre compassion envers les victimes sont totales. Nous veillerons à ce que l’Europe soit en première ligne pour faire face aux conséquences humaines de cette guerre que l’humanité a déclenché contre elle-même. Mais notre colère est immense.

Les Japonais risquent de payer lourdement l’insouciance du choix nucléaire comme moteur énergétique, contrairement à toute raison. Ils sont confrontés aux conséquences de la folie démiurgique d’un système économique et d’un mode de développement qui croit pouvoir s’exonérer de l’imprévisible, du risque et des équilibres naturels. Avec le nucléaire, quelle que soit l’excellence technologique de tel ou tel pays, le risque est désormais avéré que l’humanité peut être condamnée à l’impuissance face à une technologie incontrôlable.

Fukushima incarne l’impasse tragique d’une civilisation qui accumule les risques. Fukushima doit donc marquer un tournant historique.

Nous appelons à l’insurrection des consciences pour en finir avec la folie nucléaire.

Les 14 député-e-s européens d’Europe Ecologie s’engagent solennellement à se mettre au service et à renforcer l’immense chaîne humaine qui se développe dans le monde pour interrompre l’aventure nucléaire. Le changement de cap est urgent et il doit être planétaire.

En France, cela passe par l’arrêt immédiat de la vieille centrale de Fessenheim, de stopper le chantier du réacteur nucléaire de Flamanville et par la décision politique de programmer une sortie progressive de la dépendance nucléaire qui s’avère une industrie mortifère. »

Bruxelles le 15 mars 2011

Les 14 député-e-s d’Europe Ecologie

François Alfonsi, Sandrine Bélier, Malika Benarab Attou, José Bové, Jean-Paul Besset, Pascal Canfin, Daniel Cohn-Bendit, Karima Delli, Hélène Flautre, Catherine Grèze, Yannick Jadot, Eva Joly, Nicole Kiil-Nielsen, Michèle Rivasi.


Chroniques du 12 mars

Naturellement, anthologie de poèmes sur la nature, l’homme et son environnement, préface d’Hubert Reeves, textes recueillis par J.-M.Henry, images Yan Thomas, Rue du monde, 1999.

Voici un bouquet de poèmes offerts à la lecture pour « te donner envie d’être plus sensible à la nature, à sa beauté et à sa fragilité » : tel est l’enjeu exposé par Hubert Reeves, nous rappelant que « les mots tissent des liens entre les êtres… »

Du haïku japonais au « Chant de rêve » d’un indien Chippewa, en passant par le calligramme en forme de haricot vert de Madeleine le Floch, les odes à l’air et à l’orange de Pablo Neruda, c’est à un tour du monde en poésie que nous invite cette anthologie. Deux autres titres de la collection (Tour de terre en poésie et La Cour couleur) confirment cette lignée éditoriale propre à « Rue du monde » qui initie les plus jeunes, au-delà de la simple contemplation, à une véritable réflexion sur les valeurs de solidarité, d’ouverture et de tolérance, de respect.
En une subtile alchimie avec les poèmes, les illustrations portent ce message universel et amplifient les poèmes d’un René Char ou d’un Prévert :

« Tant de forêts arrachées à la terre
Et massacrées
Achevées
Rotativées
Tant de forêts sacrifiées
Pour la pâte à papier
Des milliards de journaux
Attirant annuellement
L’attention des jeunes lecteurs
Sur les dangers du déboisement
Des bois et des forêts » (Prévert)

Voyage à Poubelle Plage, Elisabeth Brami & Bernard Jeunet, Seuil Jeunesse, 2006.


C’est aussi à un voyage que nous convient les mots d’Elisabeth Brami et les installations de Bernard Jeunet. Voyage au pays des détritus et autres emballages amassés sur les plages :

« La Terre, la mer et ses rivages
Ont besoin d’un bon ratissage
Pour retrouver leur vrai visage »

Au-delà du simple constat, c’est un SOS, une bouteille à la mer qui est jetée, et le message est clair :

« Qu’enfin se termine le saccage !

Que cesse tout ce sabotage

Avant que survienne le naufrage

De la planète et qu’on dégage

Nous tous, pauvres humains sans bagages »
Des rimes, métaphores et images chocs – comme cet enfant enfermé dans la cage que la Terre est destinée à devenir si… -, mais néanmoins porteuses d’espoirs comme en témoigne cet horizon de mains levées à la fin du voyage : du petit « coup de main » au grand geste citoyen, il n’y a pas si loin…


Japon : 2ème plus grave accident de l’histoire du nucléaire après Tchernobyl

Europe Ecologie Les Verts apporte tout son soutien aux victimes du séisme et du tsunami qui ont dévasté les côtes du nord est du Japon. Nous sommes toutes et tous sous le choc de l’accident nucléaire en cours qui vient dramatiquement aggraver la situation.

Suite au séisme et au tsunami, les réacteurs concernés se sont arrêtés automatiquement. Sur  le réacteur de Fukushima Daiichi 1, le système de refroidissement de secours ne s’est pas enclenché provoquant une difficulté à refroidir le réacteur et une surpression majeure.
Les  autorités ont fait évacuer une zone de 3km puis 10 km autour de la centrale et ordonnent maintenant le confinement dans une zone encore plus large.

Une explosion probablement d’hydrogène s’est produite entraînant l’effondrement du toit et des murs. Le réacteur serait partiellement en fusion. Cet accident illustre dramatiquement ce qu’il se passe quand les circuits de secours ne marchent pas en cas de panne d’électricité. Ce n’est pas le séisme qui a engendré directement l’accident mais bien un dysfonctionnement du circuit de refroidissement de secours.

Le Japon est un pays extrêmement bien préparé au risque sismique et nucléaire mais l’accident majeur qui le frappe aujourd’hui nous rappelle qu’il est impossible de garantir un risque zéro. 

Il souligne la gravité du manquement à la sûreté sur les 34 réacteurs français pour lesquels l’ASN a déclaré le 7 février un incident avec cette phrase particulièrement inquiétante : « En situation accidentelle, pour certaines tailles de brèche du circuit primaire principal, l’injection de sécurité à haute pression pourrait ne pas permettre de refroidir suffisamment le cœur du réacteur. »

Les défaillances des groupes électrogènes de secours relevées quelques semaines après sont aussi préoccupantes.

EELV demande que les leçons de l’accident de Fuckushima soient immédiatement tirées et que les réacteurs français pour lesquels le système d’injection de sécurité est incertain soient arrêtés par principe de précaution et responsabilité.

Jean-Louis Roumégas, Porte Parole

Djamila Sonzogni Porte parole

Hélène Gassin
Denis Baupin


Comment lutter contre la précarité énergétique

Charges trop élevées, appartements mal isolés, marre d’avoir froid : comment lutter contre la précarité énergétique ?

Appartements mal isolés, chauffages défaillants, humidité persistante, factures d’énergie exorbitantes : l’inconfort thermique est une réalité pour de nombreux ménages. On estime qu’un foyer est en situation de « précarité énergétique » lorsqu’il consacre plus de 10% de son revenu aux factures d’énergie pour satisfaire tous ses besoins élémentaires (chauffage, eau chaude, cuisson). Cumulés à des loyers et à un coût des énergies (électricité, gaz, fioul) élevés, la précarité énergétique s’ajoute souvent à une situation de précarité tout court rendant la vie quotidienne particulièrement difficile. Lire la suite et voir la vidéo


LOPPSI 2 s’en prend à « l’habitat non conforme » Perben 3 lance le concept d’habitant non conforme

Communiqué de presse du 9 mars 2011

 Dominique Perben, ancien ministre de la Justice, qui s’est distingué en donnant son nom à deux lois contestables, aujourd’hui député UMP du Rhône, persiste. Il a déposé une proposition de loi « visant à équilibrer les rapports entre propriétaires et locataires ». Il reconnaît que « le pays connaît depuis plusieurs années une crise importante du logement » et s’alarme de la « hausse de 38 % sur 10 ans » des contentieux locatifs avec délivrance de titre exécutoire.

 M. Perben découvre que les prix de l’immobilier, à la location comme à la vente, ajoutés à ceux des charges, sont en déconnexion toujours plus profonde avec les revenus moyens. Cela engendre de la ségrégation spatiale entre centres et périphéries, quartiers riches et pauvres et contribue à un sentiment de mal-être croissant dans bon nombre de territoires. L’augmentation délirante des prix de l’immobilier, conjuguée à la baisse de pouvoir d’achat et au développement de situations de précarité extrême, débouche en toute logique sur des impayés de loyer et un nombre croissant de gens sont au mieux mal logés, au pire sans domicile fixe.
 
 Une fois ce constat posé, M. Perben ne tarde naturellement pas à découvrir le coupable. Bien sûr, ce n’est pas le marchand de sommeil qui loge des familles entières dans de miteuses chambres infestées de vermines, dans des immeubles menaçant à tout moment de s’effondrer ou de brûler : la flambée de l’immobilier s’y mesure en dizaines de morts, comme nous le rappelle le procès cette semaine de l’incendie, en août 2005, d’un hôtel du boulevard Vincent-Auriol (Paris 13e).
 Ce n’est pas non plus le propriétaire institutionnel, qui augmente le prix du loyer à chaque changement de locataire.
 Ce n’est pas davantage le gouvernement qui vient de prendre la décision de diminuer ses aides à la construction de logements sociaux et laisse prospérer une situation explosive.
 D’après Perben 3, le coupable, c’est évidemment le locataire, qui abuse trop souvent de « la confiance » placée par le bailleur dans sa « probité », seul pilier sur lequel « le contrat passé entre bailleur et locataire » s’appuierait.
 Heureux M. Perben qui n’a jamais eu à remplir de dossier de demande de location, ni à se porter garant, et ignore donc la liste scandaleuse de pièces justificatives que sont obligés de fournir nombre de gens pour obtenir un logement, bien au-delà de toute exigence légale…

 Le délit, c’est « l’escroquerie par défaut total de paiement », une nouveauté introduite par Perben III afin d’accélérer des procédures d’expulsion jugées trop favorables aux locataires. Dans ce cadre-là, « les délais hivernaux ne sauraient être accordés ».

Cette loi signerait la fin de la trêve hivernale obtenue dans les années 1950 par l’Abbé Pierre, simplifierait les expulsions expéditives, généraliserait le fichage et la criminalisation des locataires. Après s’en être prise dans la loi LOPPSI 2 à « l’habitat non conforme », la droite lance le concept d’habitant non conforme.

 La solution à la crise du logement, c’est un encadrement strict du marché immobilier, une politique de construction de logements sociaux et le respect du principe du droit à un toit pour tous.

 Partie prenante de la semaine contre les expulsions et la crise du logement, nous appelons à manifester pour une autre politique et contre les atteintes répétées de la droite à la dignité des personnes, dont cette proposition de loi n’est qu’un des multiples avatars, le samedi 12 mars dans toute la France.

Djamila Sonzogni


Assez du viol comme arme de guerre

Communiqué de presse du 7 mars 2011

Alors que la Côte d’Ivoire voit sa situation se durcir, comme en témoignent les nombreux morts de la semaine passée, Europe Écologie Les Verts s’insurge contre les doubles crimes commis à l’encontre des femmes. Porteuses de grands changements économiques et politiques, elles participent aux manifestations comme les hommes et, à ce titre, sont hélas tout autant les cibles des balles.

Mais ce que ne subissent pas les hommes, ce sont les viols. Les viols, qui sont de réels crimes de guerre, sont commis par des "uniformes" des deux camps à des femmes qui ne portent pas plainte, n’ayant aucune confiance en la police ni la justice.

Alors que le monde entier s’apprête à célébrer la journée internationale des droits des femmes, n’oublions pas cette triste réalité, en Côte d’Ivoire comme dans tous les pays en guerre : les
femmes sont encore et toujours considérées, par ces crimes sexuels, comme des objets et non comme les révoltées qu’elles sont.

Djamila Sonzogni, Porte-parole

Sarah Trichet-Allaire, Responsable de la commission Féminisme

Contact Djamila Sonzogni: 06 72 16 84 35

Attachée de presse:

Marjorie Delmond 01 53 19 53 15


Chronique du 5 mars


Lua le génie du riz/Manger Bio, ill. C. Maucler, collection « côté pile côté face », éditions PEMF.


Côté pile, un conte vietnamien qui part d’une situation dramatique de famine due à la sécheresse (« Bientôt, il n’y eut plus assez à manger pour tout le monde ») pour décrire la quête d’une famille : « Partons d’ici. Peut-être trouverons-nous ailleurs dans le monde de quoi nous nourrir. » En chemin, c’est dans quelques grains de riz qu’ils vont découvrir une nourriture prodigieuse : « un présent des dieux qui avaient pris les hommes en pitié. » Mais ce riz est enchanté et c’est alors qu’intervient Lua, le génie du riz, qui surveille les rizières d’un œil bienveillant…

Côté face, un documentaire aborde des questions multiples autour du « Manger bio » : comment bien manger pour bien grandir ? Qu’y a-t-il dans notre assiette ? Comment lire une étiquette ? Comment devenir un bon « bio citoyen » ? Autant d’aspects abordés dans ce reportage très clair dont nous retiendrons par exemple le « Petit guide des additifs alimentaires » suivi de l’autopsie d’un emballage précisant le sens de l’estampille vétérinaire ou encore de certains logos. Pour tous les jeunes lecteurs dévorateurs de contes autant que de connaissances…

Et pour les plus jeunes, un petit film d’animation des studios Folimage : HTTP://WWW.DAILYMOTION.COM/VIDEO/XBCKTF_PATATE-ET-LE-JARDIN-POTAGER-EXTRAIT_SHORTFILMS



Le voleur de saisons/Questions de climat, ill. M.Diaz.

Côté face, c’est à une réflexion sur le dérèglement climatique que les enfants sont invités à travers l’évocation des différents climats et l’explication de leur évolution, de la canicule, des inondations et des tempêtes, de l’effet de serre… Ce dernier est mis en relation avec les émissions de gaz carbonique mais aussi de méthane, résultant notamment de l’élevage extensif et de la décomposition de certains déchets (papiers et cartons). Les lecteurs se voient alors pris à parti : « Que peut-on faire ? »

Côté pile, c’est une légende amérindienne aux allures de conte étiologique (des origines) qui nous est présentée : « Vent voyageur, dis-moi pourquoi l’été ne vient pas jusqu’ici ? » Et « Esprit tranquille » de partir à la recherche de l’été, guidé par le vent : d’après lui, ce sont les fauvettes qui détiennent le secret de l’été… La structure de ce conte – en randonnée, le héros invitant successivement chacun des animaux qu’il croise sur sa route à se joindre à l’expédition – contient un message implicite d’appel à la solidarité. Quant aux illustrations, elles se réchauffent progressivement jusqu’à une explosion de couleurs vives symbolisant l’été retrouvé.

Deux titres à travers lesquels le jeune lecteur découvrira l’envers de la fiction. Gageons qu’il comprendra ainsi que l’avenir de notre planète ne se joue pas à pile ou face…
Et pour les plus grands : C’est pas sorcier « Objectif Terre propre ! » (2007) nous invite à changer d’air avec les transports en commun et les voitures propres (carburants alternatifs), à se mettre au vert avec le bio-habitat, sans oublier de donner une seconde vie à nos poubelles…